Matinales: seulement 2 invités sur 10 sont des femmes



Le collectif de femmes journalistes Prenons la Une a suivi dix matinales radio et TV, au mois de juin, afin de compter la part des femmes invitées. Résultats : seulement deux invités sur dix sont des femmes. La Palme de la matimâle revient, à ex aequo, à Guillaume Durand pour son interview “L’invité politique” (Radio classique/LCI) et à Laurent Bazin dans “RTL et vous”: chacun n’a invité qu’une seule femme en juin! Les trois meilleurs élèves sont I>TELE, France info et France Culture. 

En juin, chaque jour de la semaine, Prenons la Une a relevé les noms des invités dans les matinales de dix médias (1). Résultats : seulement deux personnes sur dix en moyenne sont des femmes.  

Les trois matinales ayant invité le moins de femmes sont :

·       “L’invité politique” de Guillaume Durand (Radio classique/LCI), à ex aequo avec “RTL et vous” de Laurent Bazin (RTL) : moins de 5% de femmes invitées
·       “RTL matin”, de Jean-Michel Aphatie (14 %)
Les trois meilleurs élèves peuvent largement mieux faire, puisqu’ils ne parviennent pas à un tiers de femmes invitées. Il s’agit de :

·       I>TELE avec Christophe Barbier (32 %),
·       France Info, avec l’invité de Jean Leymarie (29 %)
·       France culture, avec l’invité des matins (28 %)
VOIR LE GRAPHIQUE EN PIECE JOINTE, pour l’ensemble des résultats.



Ces chiffres coïncident avec ceux du Rapport 2011 Les expertes : bilan d’une année d’autorégulation de la Commission sur l’image des femmes dans les médias, qui indiquait un taux de présence des expertes à la radio de 23 % et à la télévision de 18 %. Nous constatons que presque rien n’a changé depuis trois ans.

Le collectif Prenons la Une plaide pour que davantage de parité soit intégrée dans les matinales, heure de grande écoute, qui donne une forte visibilité publique aux invités. Pour cela, des solutions existent : les journalistes doivent changer leurs pratiques en sortant du mimétisme. Ils peuvent notamment s’appuyer sur la base de données interne à leur média recensant des femmes expertes, quand elle existe. Ou se procurer le Guide des expertes 2014 (2). De manière générale, une attention doit être portée à l’identité des invitées, afin que les matinales représentent de manière plus juste la société.



Plus de parité à l’antenne, c’est possible, puisque :  

-le gouvernement est paritaire

-30 % des membres des Conseils d’administration des sociétés du CAC 40 sont des femmes

-44 % des députées européen-ne-s sont des femmes

-48 % des doctorant-e-s sont des femmes

-80 % des femmes de 20 à 59 ans sont en emploi

Nous rappelons que les chaînes audio-visuelles sont contraintes de présenter annuellement un rapport au CSA, dans lequel elles transmettent la proportion d’expertes invitées sur leur plateau ainsi que leur politique pour favoriser une plus juste représentation des femmes dans les médias. Cette échéance devrait les pousser à faire mieux en matière de parité. 

De leur côté, France TV et Radio France, se sont chacun engagés à atteindre l’objectif –modeste- de 30 % de femmes expertes invitées d’ici fin 2014. On peut constater, suite à notre observation du mois de juin, que si les chaines publiques font en général mieux que les autres, elles n’ont pas encore atteint cet objectif. 

Prenons la Une va continuer à suivre les matinales et leur donne rendez-vous à la rentrée pour voir dans quelle mesure, les chaînes auront fait des efforts pour donner davantage la parole aux femmes.

____________________________________

Nous avons demandé à Marlène Coulomb-Gully, spécialiste du genre et des médias (Université Toulouse Jean Jaurès) de réagir à ces résultats :
« Je ferais trois commentaires à la lecture de cette observation des invité-es des matinales : 
1. Un jeu qui reste largement dominé par les hommes, avec 20 % d’invitées femmes pour 80 % d’hommes en moyenne. C’est un peu comme si - actualité footbalistique oblige - le taux de possession du ballon était le fait de l’équipe des hommes pendant plus de trois qua rts du match, les femmes restant en grande partie exclues du jeu.
2. Deux cartons rouges, pour “RTL et Vous” et “Radio classique” avec moins de 5% de femmes parmi leurs invité-es ! On pourrait penser que le thème économique et politique de la matinale - des thèmes régaliens et traditionnellement masculins - “explique” la faiblesse de ces chiffres. Or il n’en rien ! Durant son interview politique, Christophe Barbier sur I>TELE réussit quant à lui l’exploit d’inviter plus de 30% de femmes. Ajoutons qu’aucune radio publique n’est sous la barre des 20% d’invitées femmes.
3. Le mâle en finale
Enfin, pas de partage du terrain pour ce qui est des journalistes eux-mêmes, à 100 % masculins dans cette tranche horaire très stratégique où les radios font leurs meilleures audiences. Pas de doute, la Une reste un bastion à conquérir ! »

Matinales: seulement 2 invités sur 10 sont des femmes

Le collectif de femmes journalistes Prenons la Une a suivi dix matinales radio et TV, au mois de juin, afin de compter la part des femmes invitées. Résultats : seulement deux invités sur dix sont des femmes. La Palme de la matimâle revient, à ex aequo, à Guillaume Durand pour son interview “L’invité politique” (Radio classique/LCI) et à Laurent Bazin dans “RTL et vous”: chacun n’a invité qu’une seule femme en juin! Les trois meilleurs élèves sont I>TELE, France info et France Culture.

En juin, chaque jour de la semaine, Prenons la Une a relevé les noms des invités dans les matinales de dix médias (1). Résultats : seulement deux personnes sur dix en moyenne sont des femmes.

Les trois matinales ayant invité le moins de femmes sont :

· “L’invité politique” de Guillaume Durand (Radio classique/LCI), à ex aequo avec “RTL et vous” de Laurent Bazin (RTL) : moins de 5% de femmes invitées
· “RTL matin”, de Jean-Michel Aphatie (14 %)
Les trois meilleurs élèves peuvent largement mieux faire, puisqu’ils ne parviennent pas à un tiers de femmes invitées. Il s’agit de :

· I>TELE avec Christophe Barbier (32 %),
· France Info, avec l’invité de Jean Leymarie (29 %)
· France culture, avec l’invité des matins (28 %)
VOIR LE GRAPHIQUE EN PIECE JOINTE, pour l’ensemble des résultats.

Ces chiffres coïncident avec ceux du Rapport 2011 Les expertes : bilan d’une année d’autorégulation de la Commission sur l’image des femmes dans les médias, qui indiquait un taux de présence des expertes à la radio de 23 % et à la télévision de 18 %. Nous constatons que presque rien n’a changé depuis trois ans.

Le collectif Prenons la Une plaide pour que davantage de parité soit intégrée dans les matinales, heure de grande écoute, qui donne une forte visibilité publique aux invités. Pour cela, des solutions existent : les journalistes doivent changer leurs pratiques en sortant du mimétisme. Ils peuvent notamment s’appuyer sur la base de données interne à leur média recensant des femmes expertes, quand elle existe. Ou se procurer le Guide des expertes 2014 (2). De manière générale, une attention doit être portée à l’identité des invitées, afin que les matinales représentent de manière plus juste la société.

Plus de parité à l’antenne, c’est possible, puisque :

-le gouvernement est paritaire

-30 % des membres des Conseils d’administration des sociétés du CAC 40 sont des femmes

-44 % des députées européen-ne-s sont des femmes

-48 % des doctorant-e-s sont des femmes

-80 % des femmes de 20 à 59 ans sont en emploi

Nous rappelons que les chaînes audio-visuelles sont contraintes de présenter annuellement un rapport au CSA, dans lequel elles transmettent la proportion d’expertes invitées sur leur plateau ainsi que leur politique pour favoriser une plus juste représentation des femmes dans les médias. Cette échéance devrait les pousser à faire mieux en matière de parité.

De leur côté, France TV et Radio France, se sont chacun engagés à atteindre l’objectif –modeste- de 30 % de femmes expertes invitées d’ici fin 2014. On peut constater, suite à notre observation du mois de juin, que si les chaines publiques font en général mieux que les autres, elles n’ont pas encore atteint cet objectif.

Prenons la Une va continuer à suivre les matinales et leur donne rendez-vous à la rentrée pour voir dans quelle mesure, les chaînes auront fait des efforts pour donner davantage la parole aux femmes.

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Nous avons demandé à Marlène Coulomb-Gully, spécialiste du genre et des médias (Université Toulouse Jean Jaurès) de réagir à ces résultats :
« Je ferais trois commentaires à la lecture de cette observation des invité-es des matinales :
1. Un jeu qui reste largement dominé par les hommes, avec 20 % d’invitées femmes pour 80 % d’hommes en moyenne. C’est un peu comme si - actualité footbalistique oblige - le taux de possession du ballon était le fait de l’équipe des hommes pendant plus de trois qua rts du match, les femmes restant en grande partie exclues du jeu.
2. Deux cartons rouges, pour “RTL et Vous” et “Radio classique” avec moins de 5% de femmes parmi leurs invité-es ! On pourrait penser que le thème économique et politique de la matinale - des thèmes régaliens et traditionnellement masculins - “explique” la faiblesse de ces chiffres. Or il n’en rien ! Durant son interview politique, Christophe Barbier sur I>TELE réussit quant à lui l’exploit d’inviter plus de 30% de femmes. Ajoutons qu’aucune radio publique n’est sous la barre des 20% d’invitées femmes.
3. Le mâle en finale
Enfin, pas de partage du terrain pour ce qui est des journalistes eux-mêmes, à 100 % masculins dans cette tranche horaire très stratégique où les radios font leurs meilleures audiences. Pas de doute, la Une reste un bastion à conquérir ! »

"Prenons la Une" interpelle la Conférence des Ecoles de Journalisme

COMMUNIQUÉ DE PRESSE Paris, le 28 mai 2014

Le collectif de femmes journalistes Prenons la Une adresse aujourd’hui, une lettre ouverte à la Conférence des écoles de journalisme (CEJ), et l’interpelle sur la nécessité d’offrir aux étudiants des modules de sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes et aux stéréotypes sexués.

En janvier dernier, la CEJ - qui rassemble les 14 écoles reconnues par la profession - s’est prononcée contre l’amendement (16 bis) imposant l’enseignement de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les écoles de journalisme, introduit dans le projet de loi porté par Najat Vallaud-Belkacem. La CEJ estimait que le pouvoir législatif ne devait pas influer sur le contenu de l’enseignement d’écoles indépendantes.
Le collectif Prenons la Une plaide pour que les écoles s’emparent d’elles-mêmes de ce sujet, car nous sommes convaincues qu’il est bien de leur responsabilité d’aider les futurs journalistes à se libérer des stéréotypes sexués, pour ne plus les propager.
Les médias diffusent ces stéréotypes, qui participent à la persistance des inégalités entre les femmes et les hommes. Seulement 18 % des experts invités dans les médias sont des femmes et celles-ci y sont désignées uniquement par leur prénom cinq fois plus que les hommes. Trop souvent encore, elles sont réduites à des objets sexuels, des ménagères ou des hystériques. Quant aux violences faites aux femmes, leur traitement minimise couramment les actes, voire laisse penser que « la victime l’a bien cherché ».
La réponse de la Conférence des écoles de journalisme sera rendue publique.

CONTACTS / Porte-paroles
Claire Alet: clairealet@hotmail.com 06 07 71 05 54.
Ségolène Hanotaux: hanotauxsego@yahoo.com 06 60 90 21 33.

Le collectif Prenons la Une rassemble des femmes journalistes issues de rédactions de différents médias. En mars dernier, il a lancé un Manifeste pour une juste représentation des femmes dans les médias et l’égalité professionnelle dans les rédactions, qui a recueilli les signatures de plus de 750 femmes et hommes journalistes. Pour le lire : http://prenons-la-une.tumblr.com/lemanifeste

Prenons la Une sur Twitter (@prenonsla1) et sur Facebook (Prenons la une)

Membres de Prenons la Une : Claire Alet (Alternatives Economiques), Cécile Amar (Le Journal du dimanche), Anne-Laure Barret ( le Journal du dimanche), Carine Bécard (France Inter), Marianne Bliman (Les Échos), Claire Boubé (France 24), Lénaïg Bredoux (Mediapart), Sophie Caillat (Rue89), Carole Chatelain (Sciences et Avenir), Alice Coffin (20 Minutes), Laure Daussy (Arrêt sur Image), Ixchel Delaporte (L’Humanité), Rokhaya Diallo (éditorialiste), Nassira El Moaddem (i-Télé), Clémentine Gallot (indépendante), Hélène Guinhut (Elle), Ségolène Hanotaux (indépendante), Marie Kirschen (indépendante), Valérie Landrieu (Les Échos) , Ariane Lavrilleux (Europe 1), Léa Lejeune (ex Libération), Myriam Levain (Cheek Magazine), Rachel Mulot (Sciences et avenir), Camille Neveux (le Journal du dimanche), Valérie de Senneville (Les Échos), Julia Van Aest (LCI et BFMTV), Laure Watrin (indépendante et Les Pintades).


La lettre ouverte aux Ecoles de Journalisme (CEJ- Hervé Demailly)

Objet : sensibilisation à l’égalité femmes-hommes

Monsieur,

En janvier dernier, la Conférence des Ecoles de Journalisme s’est prononcée contre l’amendement concernant l’enseignement de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les écoles de journalisme, introduit dans le projet de loi porté par Najat Vallaud-Belkacem. Vous estimiez que le pouvoir législatif ne devait pas influer sur l’enseignement d’écoles indépendantes. L’article 16 bis a depuis été supprimé par le Sénat.
Certes, les député(-e)s n’ont pas à imposer le contenu de votre enseignement. Mais ne serait-ce pas aux Ecoles elles-mêmes de s’emparer de cette question ?
Vous ne pouvez ignorer que les médias diffusent des stéréotypes sexués, qui participent à la persistance des inégalités entre les femmes et les hommes. Seulement 18 % des experts invités dans les médias sont des femmes… et celles-ci y sont désignées uniquement par leur prénom cinq fois plus que les hommes. Trop souvent encore, elles sont réduites à des objets sexuels, des ménagères ou des hystériques. Quant aux violences faites aux femmes, leur traitement minimise couramment les actes, voire laisse penser que « la victime l’a bien cherché ».
Vos écoles forment les journalistes, les directeurs et directrices de rédaction de demain. Il est de votre responsabilité que ces futurs journalistes ne soient plus formatés par ces stéréotypes et cessent – enfin - de les propager.
Sachez que l’Observatoire de la Déontologie et de l’Information, a d’ores et déjà intégré les stéréotypes dans ses critères. Nous travaillons en collaboration avec eux pour sensibiliser les médias à ce sujet.
Nous, membres du collectif “Prenons la Une” vous demandons aujourd’hui : Quand et comment la Conférence des Ecoles de Journalisme va t-elle se saisir de la question de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les stéréotypes sexués ?
Nous attendons un retour écrit de votre part, pour nous faire part de vos réflexions et initiatives en la matière. Nous communiquerons sur cette lettre et votre réponse.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Le collectif “Prenons la Une”